Extrait de ” Nouveau voyage aux Isles de l’Amérique ” du Père Labat.
“Je laissai la compagnie au presbytère pendant que j’allais confesser un nègre d’une habitation de Mr. Roy, car il en avait deux très considérables dans ma paroisse et d’autres encore dans différents endroits. On ne peut sans étonnement penser à la fortune de cet homme. Il était venu aux îles en qualité d’engagé, dans les premières années que la colonie commença à se former ; il était de Bordeaux, tailleur ou chaussetier de son métier. Le temps de son engagement étant achevé, il se mit à torquer du tabac, et quand la saison de torquer était passée, il travaillait de son métier. Il s’associa avec un autre torqueur, dont il hérita. Quelques années après il fit quelques voyages en course, si heureusement qu’en très peu de temps il se vit en état d’établir une sucrerie et de faire des établissements . Quand j’arrivai à la Martinique, il avait six sucreries où l’on comptait plus de huit cent nègres. Son fils aîné, avec lequel j’étais venu de France, était capitaine de milice, et une de ses filles avait épousé un capitaine de vaisseau de roi. Mr Jean Roy est mort en 1707, étant pour lors doyen du Conseil, premier capitaine de milice de l’île, et sans contredit le plus ancien habitant. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans.”






